Vendredi 7 juin.

Cela fait précisément un mois que je suis en Italie et il est temps de faire mon premier point étape de cette aventure.

Le premier jour a vraiment été très particulier avec notamment 2 heures d’attente à la station de train où je devais attendre que la Croix-Rouge vienne me chercher. Je ne le savais pas encore, mais c’était mon premier apprentissage. Ici, tout le monde est “Tranquille”, qu’il faut prononcer à l’italienne, en découpant chaque syllabe.

Tranquille, c’est un mode de vie, une façon de penser le monde. C’est dire que, quoi qu’il se passe, ils n’ont pas l’air d’avoir beaucoup de stress ou alors c’est qu’ils doivent s’en remettre à la volonté divine ? Je suis vraiment un peu perdu sur ce point.

Aujourd’hui, cette anecdote m’est revenu en pleine tête avec la petite histoire que je vais vous conter. Il y a quelques semaines, j’ai décidé de prendre le train pour rendre visite à Amandine. C’est un voyage à priori assez simple, dont la première étape est de ce rendre à Jesi. La meilleure option semblait être de prendre un bus de Cingoli, ma ville d’accueil.

Extrêmement gentille, l’une de mes camarades me propose de m’y emmener en voiture à Easy haut-lieu de prendre le bus point pour moi c’est formidable. Je me dis “génial, je vais pouvoir dormir un peu plus et arrivé à l’heure à la gare, sans stress ” .

Sauf que, parce qu’il y a toujours un “sauf que” , elle s’est aperçu qu’il y aurait certainement une ambulance qui pourrait m’emmener à Jesi. Dans ce cas, pourquoi prendrait elle la peine de m’amener ? Elle propose gentiment de demander aux autres si cela est possible. Et moi, un peu paralysé par la situation, je n’ose rien dire. En quelque sorte, j’accepte ce changement de programme et ainsi de perdre mon autonomie.

Voici donc à ce jour vendredi 7 juin, et nous prenons cette fameuse ambulance. D’ailleurs rien qu’en commençant cette histoire, le premier point qui m’avait un peu embêté était que l’ambulance commence le matin à 7h. Dur pour le temps de sommeil !

Puis lorsque nous sommes dans la voiture, le chauffeur m’apprend que nous n’allons pas à Jesi. Enfin si, mais pas directement. Nous devons d’abord amener le patient à Ancona, attendre que le patient soit pris en charge puis ensuite aller à Jesi pour prendre un autre patient.

Ça lui sont vraiment très très juste pour que je puisse être à l’heure… Et à vrai dire, moi aussi je commence sérieusement à me poser des questions sur ma naïveté et mon arrivée dans cette foutu gare. Là-dessus, Véronica arrive et me dit “TRAN QUI LLE”. Tranquille, tranquille ! Tu es bien gentille toi mais comment je vais faire moi pour prendre mon TRAIN ?! S’énerver ne sert à rien et surtout je me sens vraiment coupable. Incapable de dire non à quoi que ce soit, les personnes que j’ai rencontré semblent toujours disposées à vouloir aider… Quitte à me mettre en difficulté. Mais tranquille, tranquille, quoi de grave ?

Après tout, des trains, il y en aura d’autres…
De Cingoli à Ancôna, nous mettons bien 45 minutes, ce qui est normal malgré une circulation moyenne.

8h45.
Veronika et le chauffeur s’occupe du patient et me disent de rester dans l’ambulance pour les attendre. Je stresse de plus en plus et avec ce stress vient l’envie d’aller aux toilettes.

Je sors de l’ambulance et tu vois qu’il y a un petit restaurant de hôpital donc je fais un premier tour pour me soulager. Entre temps, je vais vérifier sur mon portable s’il y a des possibilités pour rejoindre la gare ? Il me semble que mon train de Jesi passe d’abord par cette grande ville, il faut tenter le coup !

Eurêka, j’ai un bus qui passe dans peu de temps et surtout qui est facilement accessible à pied. Je mets bien 5 minutes avant de me décider, est-ce que je peux quitter l’ambulance un peu comme un voleur alors quand le m’a dit d’y rester ? Je risques pourtant de louper mon voyage et donc avoir plusieurs heures de retard… ou bien je tente le tout pour le tout et je fonce ? Je ne sais pas si cette décision est bien raisonnable mais c’est cette seconde option que je prends malgré tout. J’envoie un petit SMS à Veronika pour la prévenir et fonce !

Et pour une fois, je ne sais pas pourquoi mais tout se passe bien. J’arrive à trouver la station de bus et celui-ci arrive à l’heure. En revanche, pour ce qui est du ticket ça me semble un peu bizarre car j’ai payé 2 € pour à peine 10 minutes et en fait c’est à moi de mettre de l’argent dans une machine et de valider. Enfin bref, malgré ce petit souci je suis content car me voici dans le bus qui m’amène à la gare.

9h35.
C’est bon mon train est prévu seulement à 9h47donc je suis… En Avance !

Train Vintage

Podcast : La frustration

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que ce matin en prenant ma douche j’écoutais l’excellent Podcast des émotions et plus particulièrement celui sur la frustration point dans cet épisode, l’on nous explique comment fonctionne ce mécanisme qui est un mélange de déception et de colère. Déçu puis fâché car l’on a des attentes qui ne sont pas satisfaites. La frustration nait d’une angoisse, stratégie archaïque de protection. On veut tout contrôler en interne et en externe. Faire se presser les gens par exemple pour qu’ils fassent ce que j’attends d’eux. Mais comme la situation que j’ai prévu est différente de la réalité, me voici frustré, dérangé voir énervé où carrément péter un câble.

Vraiment, je ne pensais pas que cette histoire de frustration, déception, colère et peur d’arriver en retard arriverait si tôt. La vie nous joue parfois de drôles de leçons. Spoil de fin du podcast : on peut arriver à ne pas craquer, simplement en acceptant les fois où l’on craque pour arriver plus tard à détecter ces moments avant qu’ils ne se produisent. Nous avons des signes avant coureur à apprendre à détecter. Et si j’arrive à prévoir le craquage –appelé Tilt dans le podcast– je peux prendre une pause de 10/15/20 minutes pour me calmer et reprendre les bonnes décisions.

Le petit problème avec cette méthode c’est qu’enfermé dans sa voiture ou bien une ambulance, je peux difficilement me poser en dehors de la situation. Je pense qu’un retour vers la méditation est en revanche bien approprié.

Aller ! Maintenant que je suis dans le train, je peux ENFIN me détendre, tranquille et profiter du trajet pour observer le paysage, dormir un peu, lire ou écouter un bon podcast.

Bonne route.

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